Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
21 juin 2013 5 21 /06 /juin /2013 00:14

SEVILLE, c'est sa Cathédrale, sa Giralda, son Alcazar, mais pas que !

 

C'est aussi une place taurine de 1ère catégorie, et comprendre ce qu'est la corrida (qu'on soit pour ou contre) ne peut pas se faire mieux qu'en allant visiter un élevage de taureaux de combat.

 

Toros 01

 

Celui de Miura, n'étant pas ouvert au public, et en écartant les ganaderias de niveau inférieur, (il y a 4 catégories d'éleveurs) nous avons planifié de visiter celle du Marquis d'Albaserrada, située à 30 mn de Séville, sur la commune de Gerena, de 1re catégorie, c'est la Finca Mirandilla.

 

Nous avons été reçus par le seul mayoral français de la ganaderia, responsable de l'élevage de "toros bravos": Fabrice Torrito.

 

 

 

(Voir son blog: http://lescarnetsdumayoral.blogspot.com.es/ )

J'ai longtemps confondu, finca et ganaderia.

Fabrice nous a expliqué que la Finca, c'est la ferme. Elle s'appelle ici: Mirandilla et la ganadería, c'est l'élevage de taureaux de combat) ici, c'est le Marquis d'Albaserrada.

 

Toros 02

 

En 4x4 nous sommes passés sur une partie des 625 ha d'enclos en enclos.

L'élevage compte 450 têtes; elles sont donc "à l'aise" car on estime qu'il faut en moyenne

1 ha par bête.

 

Tout commence par la sélection des futures vaches reproductrices.

 

 

 

 

Toros 03

 

On les met dans un corral, pour les trier, puis elles sont torées dans une petite arène: la "Plaza de tienta" afin de tester leur bravoure.

 

Seules 10% passent le test, les autres vont à l'abattoir.

 

 

 

Les vaches sélectionnées, ont ensuite une vie de rêve, car elles meurent de vieillesse et ne sont piquées que si elles sont trop malades.

 

Le travail du mayoral et de son équipe (ici, ils sont seulement 4) est de sélectionner quel étalon va couvrir quelles vaches, et de leur réserver un territoire adéquat.

 

Toros 04

 

  Le choix se fait pour éviter la consanguinité, et en fonction des caractères morphologiques et de comportement de chaque animal.

Les étalons ont le bout des cornes limées, afin de ne pas blesser les vaches.

 

 

 

 Toros 05

 

 Fabrice passe 2 à 3 fois par jour surveiller tout son troupeau, soit en 4x4, soit à cheval.

 

 

Les chevaux andalous, sont noirs, jeunes, puis vers 18 mois, ils sont gris pommelés, et après 9 ans, blancs.

 

 

 

Toros 06

 

 

 

 

Mais pour pouvoir les guider, il faut quelles suivent un "éclaireur" docile, c'est-à-dire un bœuf, souvent muni d'une cloche.

 

 

 

 

Toros 07 

Afin d'avoir une traçabilité complète du troupeau, chaque animal a sur la cuisse droite les armoiries de l'éleveur, ici un "A" surmonté d'une couronne, puis un numéro et le dernier chiffre de son année de naissance.

 

 

 

 

 

Toros 08

 

 

Nous avons été surpris de voir que les cornes avaient toutes du rose au départ, puis du blanc, et enfin le bout noir.

 

C'est la caractéristique de cet élevage.

 

Concernant les cornes, elles sont droites jusqu'à 18 mois puis se courbent après.

 

Toros 09

 

En se battant, ou dans les opérations de ferrage, et de tri, certaines bêtes s'abiment les cornes qui peuvent se ressouder de manière curieuse.

Toros 10 

 

 

 

 

 

 

 

 Tous les taureaux ne sont pas noirs, ceux qui ont une tache blanche sont des "bragados" et ceux qui ont une raie rousse sur le dos sont dits "listones".

 

L'opération de marquage s'appelle la "Ferrade" et elle a lieu chaque année le 11 novembre.

Il faut parfois 4 personnes pour maitriser un veau, et le coucher au sol dans le corral (en forme d'entonnoir) pour le marquer.

On en profite pour leur entailler légèrement les oreilles, c'est la marque de l'éleveur, au cours d'une opération qui s'appelle l'escoussure.

De même, chaque année, tout le troupeau est vacciné par un vétérinaire attaché à l'élevage.

Sur un cycle, les pertes sont de 10% pour les vaches et 25% pour les taureaux.

 

Toros 11  Les bêtes mangent de l'avoine et des fèves, mais sont capables de se débrouiller tous seuls, et donc de survivre, alors que les races charolaises, limousines, etc … sont tributaires de l'homme pour continuer d'exister.

Par exemple, à l'approche d'un orage, ils grattent de sol pour faire une mini marre qui gardera l'eau ensuite.

 

 

Il faut 4 ans pour faire un taureau de combat brave, qui va peser au minimum 460 kg (pour les corridas). Pour les novilladas, les taureaux ont seulement 3 ans ½.

  Toros 11a

 

 

Un amateur éclairé de corridas ne choisit pas quel matador il veut aller voir, mais quel élevage de taureaux.

En gros, il y a 2 types d'éleveurs, ceux qui fournissent des bêtes "faciles" (cornes peu larges, antérieurs pas très puissants, etc …) afin que le matador puisse briller, sans risques, et ceux qui font des sélections draconiennes, afin d'avoir des taureaux "bravos" qui recherchent le combat.

 

Car le taureau est un animal de combat, nous avons pu le constater sur place.

Quand il y a rivalité entre 2 taureaux et qu'ils se battent, celui qui est le plus faible voit les autres taureaux lui foncer dessus et le tuer, s'il n'a pas le temps de s'échapper.

 

Finir sa vie en combattant, car c'est son instinct, est plus glorieux pour lui que de finir à l'abattoir.  

 

Toros 12

 

Pour permettre aux jeunes de la région d'apprendre à toréer, Fabrice a créé une petite école qui permet aux futurs matadors  de s'entrainer avec un "carreton" (charriot avec 2 roues et une paire de cornes devant simulant un taureau.

J'ai essayé, et ça a fait beaucoup rire !

 

 

 

 

Toros 13

 

 

 

 

Nous avons fini la visite, par le musée de la famille, et pu voir que cet élevage avait eu un taureau gracié " Laborioso" (seulement 2 en 300 ans) qui en montre la bravoure.

 

 

 

Toros 14

 

 

 

 

 

 Le poids de l'habit de lumière est impressionnant, et bien sûr seul le matador a droit à l'or sur son habit.

 

 Toros 15

 

   

Au moment de quitter cette ganaderia prestigieuse, nous avons eu le privilège de croiser, le marquis d'Albaserrada en personne qui faisait le "tour du propriétaire", bien que nonagénaire.

 

Pour résumer, ce métier est un métier de passionnés, car il n'est pas vraiment rentable, et ce serait dommage que ces animaux brillants disparaissent un jour.

 

De retour à Séville, nous en avons profité pour visiter les arènes !!

 

 

 

A suivre ….

Partager cet article
Repost0

commentaires

P

Je suis vos aventures tous les jours depuis ma tablette mais impossible d'y mettre des commentaires..J'en profite que je suis un peu sur le PC pour en déposer


A très bientôt pour que vous nous racontiez de vive voix ce que vous avez vécu!


 
Répondre
C

J ai beaucoup appris en lisant ces deux  derniers articles ,car j 'avoue ne m' être interressée que très superficiellement à ce sujet . Merci François . Ici en ce jour du solstice il fait
toujours frais et humide . Profitez bien du soleil et de la chaleur ....aussi!!


Bisous
Répondre
M

Voilà qui s'appelle faire le tour du sujet !!


Bonne suite de séjour, profitez bien !!
Répondre
M

Voilà une visite fort intéressante  qui nous fait découvrir un domaine inconnu et sur lequel on entend beaucoup de choses diverses. Ce voyage est riche en découvertes et expériences hors du
commun , merci de nous les faire vivre.
Répondre