Nos voyages, et nos plus belles vacances
C'est la campagne environnante de Séville.
En dehors des paysages immenses de champs de tournesols, cette balade est incontournable pour comprendre l'Al-Andalus.
Car plusieurs cités entourant Séville sur son côté Est, permettaient de guetter de futurs envahisseurs.
Nous sommes donc d'abord partis à la découverte de CARMONA.
Cette cité veille sur la vallée depuis la plus haute antiquité.
Bâtie dans le schéma d'urbanisme romain de fondation de ville, il y a toujours le "cardo" qui est l'axe routier nord-sud et qui structure la cité.
À la croisée du cardo et du decumanus (l'axe est-ouest) de Carmona, on trouvait généralement le forum, qui est maintenant la place centrale du marché.
La partie la plus basse étant la plus vulnérable, c'est celle qui a reçu les murs les plus imposants.
Nous avons donc visité la tour Sud et admiré le point de vue.
En sortant nous sommes tombés sur un curieux petit bus électrique (1,50 m de large, et une douzaine de sièges) sur lequel était inscrit:
FREE Visit.
Alors que Carmona a 54% de chômeurs, un jeune homme débrouillard et sympathique eu l'idée de monter ce projet de visite.
Une fois installé, dans le bus, il explique que c'est gratuit, mais que si on est séduit par ses explications (il fait des tours en français, en anglais et en espagnol) et lui donner de quoi vivre et payer son bus, il pourra ainsi vivre de ce job.
Et on n'a pas été déçu, car ses explications claires et simples, allaient bien au-delà de ce l'on avait pu lire dans les guides.
Exemple les 1ères lignes ci-dessus, sur la construction romaine de la cité, viennent de lui.
Nous avons également appris que Carmona a été quelques temps la capitale de l'Espagne.
Puis, que la cathédrale Sta Maria la Mayor, n'avait rien à envier, à celle de Séville et de Cordoue, car elle partage avec elles le fait d'avoir gardé la partie musulmane des ablutions, avec un jardin d'orangers, en entrée de la cathédrale.
Elle a même conservé un calendrier Wisigoth sur un des piliers.
Jamais, nous ne serions allés la visiter sans ce guide "hors norme".
Si cette cathédrale est disproportionnée, par rapport à la taille de la ville, c'est parce que les puissants qui ont fait la fortune de la ville aux XVIème et XVIIème, et qui en étaient propriétaires, l'ont offerte au roi afin d'attirer son attention et faire du "business" ensemble.
On est bien loin de la foi chrétienne !
A l'intérieur, il suffit de voir que chaque chapelle privée essaye de surpasser la voisine en or et argent, pour avoir une idée de l'amour qui régnait entre les "grands d'Espagne".
Un peu écœurant, quand on pense que ces œuvres gigantesques n'ont pu être réalisées qu'à coup de milliers de morts pour les bâtir !
L'épée d'Ignace de Loyola est conservée dans le musée attenant, avec tout l'or et l'argent qui n'a pas pu rentrer dans la cathédrale elle-même.
On a profité de la descente pour faire une photo d'un bel acacia à fleurs bleus, et d'une grande "palme" accrochée sur beaucoup de balcons.
Une fois rassasié du côté spirituel, il a fallu penser au côté matériel :
Direction Ecija, car il ya de bons petits restos, en particulier, sur la place centrale (plaza de España) que les locaux appellent "El Salon".
Chez Emilo, les spécialités, sont le poulpe et le Bacalao, à la Galicienne !
Sur de fines tranches de pommes à l'huile sont déposées des lamelles de seiches (ou de très gros suppions) recouvertes de paprika !
Afin de garder notre fraîcheur d'âme, nous ne sommes plus rentrés dans d'autres églises, ce qui ne nous a pas empêchés d'admirer de nombreux clochers comme celui de San Juan (XVIIème) ou les belles demeures comme le Palacio de Peñaflor.
Nous avons fini notre journée avec la visite d'OSUNA, où on ressent l'influence de la puissance de Séville, car certaines demeures sont copiées sur la Giralda, comme l'école Cilla du XVIIIème.
Comme souvent en Andalousie, la porte d'entrée des maisons privées reste ouverte afin que les passants puissent admirer le "sas" donnant le plus souvent sur un patio.
Un dernier effort nous a fait gravir le sommet de la cité jusqu'à la citadelle, et pouvoir une nouvelle fois contempler la campiña.
Demain, on arrête les églises, mais que pouvons-nous faire dans une Andalousie aussi mystique !
A suivre …