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26 juin 2007 2 26 /06 /juin /2007 23:39
Jeudi 21 juin, 19h30 Le bruit de piétinement dans la passerelle d'accès à l'avion a laissé place à la vision de 22 individus essoufflés, qui s'engouffrent dans la carlingue à la recherche de leur siège, éberlués, mais ravis, de voir que malgré le retard de leur avion qui venait de se poser à JFK, notre vol les avait attendus. Ils n'en connaissaient pas la raison…
Nous, ça nous arrangeait bien de ne pas être les derniers, et ça nous donnait un argument de plus pour nous défendre d'avoir à payer la pénalité de retard du vol.
Nouveau jeu de chaises musicales, car plusieurs passagers avaient changés de place et pris celles des nouveaux arrivants.
20h: Voici déjà 2 heures que nous avançons tout doucement à la queue leu leu sur le tarmac de l'aéroport JFK de NY. Nous passons de la 48ème position à la 30ème, puis à la 20ème au rythme d'un décollage toute les 80 secondes.
Mais au fur et à mesure que nous avançons le temps devient de plus en plus menaçant, les éclairs zèbrent le ciel à une fréquence de plus en plus grande.
Tout le monde ne se pose qu'une question: va-t-on pouvoir décoller dans ces conditions apocalyptiques ?
Position 8 annonce le commandant de bord; tout le monde (américain) applaudit, les français rentrant chez eux ne voient pas la nécessité d'applaudir  un retard de déjà 3 heures.
Nous, on ne prend pas parti, et on continue à somnoler.
C'est alors que le commandant, très en verve, sachant que sur le sol new-yorkais, il fallait toujours avant de faire un discours, commencer par un "joke", nous annonce une bonne nouvelle: "Nous n'allons pas être obligé de revenir en salle d'embarquement", suivi d'une mauvaise: "l'aéroport JFK est fermé pour une durée indéterminée, jusqu'à la fin  de la tempête". Là, personne n'applaudit, même quand le commandant ajoute: Vous pouvez utiliser vos PC et vos téléphones pour prévenir vos proches de notre "léger" retard.
Les uns regardent par les hublots la flotte qui ruisselle le long du fuselage, les autres scrutent le ciel en mesurant le temps qui s'écoule entre 2 éclairs, bref chacun s'occupe de son mieux; ceux qui ont déjà mis leur montre à l'heure de Paris savent qu'il est déjà plus de 2h du matin, et qu'il est urgent de dormir si on ne veut pas arriver "explosé" en France.
 Pelotonné dans ma couverture, le siège incliné au maximum, la tête calée par un petit oreiller, je m'endors en pensant à ma première visite de NY en 1964. J'avais rencontré un charmant monsieur qui venait d'Antibes, y fêter ses 100 ans, accompagné de sa fille de 70 ans. J'étais impressionné de voir une personne qui avait rencontré Mac-Mahon car si je me souvenais, comme tout le monde, que ce président de la république avait dit en visitant les inondations de Moissac: " Que d'eau ! Que d'eau ! Et encore, on n'en voit que le dessus", je ne savais plus qu'il avait été au sommet de l'état de 1873 à 1887. 

     Mac-Mahon_4.jpg (90953 octets)     Maréchal de Mac Mahon
        Maréchal d'Empire Mac Mahon


Ce monsieur très alerte avait organisé son voyage avec sa fille et m'avait donné les conseils suivants:
-          Ne jamais planifier une sortie, un spectacle, une excursion dans les heures qui suivent l'arrivée d'un avion, car il peut être très en retard, et ce n'est pas la peine de rajouter du stress, aux ennuis causés par le retard.
-          Rester au minimum 2 nuits dans chaque hôtel, car sinon on est toujours en train de faire et défaire ses bagages.
-          Ne jamais mettre dans les valises des médicaments ou des bijoux,
-          Prévoir les plages libres dans son emploi du temps pour les imprévus et les coups de coeur.
Et tout en somnolant, je me suis aperçu, que les seules fois où les problèmes ont été durs à résoudre, ça a été lorsque je n'avais pas respecté ces principes de base.
21h, puis 22h et enfin vers 22h30, réveil par la radio "Air Delta": JFK est rouvert et on va partir. Il est 4h 30 à Paris.
Les mêmes applaudissent, sûrement de n'être restés "que" 5 heures coincés sur leur siège.
L'arrivée est prévue à Charles de Gaule vers 11h30 (heure locale).
Pas beaucoup de souvenirs des 7h de vol, nous avons dormi.
Nous pensions avoir un temps fou à Roissy, notre vol devait arriver au départ vers 8h30 du matin et le vol pour Toulouse ne partir que vers 12h45.
Mais depuis l'accident de la structure métallique qui s'est effondrée dans le terminal 2, les avions atterrissant dans cette zone, n'ont accès à l'aéroport que par car.
Nous nous sommes donc retrouvés dans le  terminal 2C que vers midi, et l'heure limite d'embarquement étant à 12h15, il nous fallu courir dans les couloirs pour atteindre la zone 2F le plus vite possible, et court-circuiter la file d'attente de la police des frontières pour passer en priorité.
Ouf !! Nous sommes arrivés juste au moment de l'embarquement des passagers pour Toulouse.
A l'arrivée (le vendredi 22 juin) Michel est venu nous chercher à 14h30, et nous avons attendu nos bagages en zone sous douane.
Après 1/2h à regarder les valises des autres sur le tourniquet, il a bien fallu se rendre à l'évidence. Les nôtres n'y étaient pas.
Sont-ils à Paris, à New York, ou plus dramatiquement, explosés, car leur propiétaire a quitté le sol américain en laissant une menace potentielle derrière lui ?

à suivre ...

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commentaires

C
Que d'aventures !!!!Malgré mon retard (je rentre d'une petite semaine de conférence) voici une petite explication de votre attente dans l'avion: pour le calcul des statistiques de retard des vols US, les heures de départ de la passerelle font foi. Bref, votre avion est "officiellement" parti à 20h et pas 22h30, ce qui n'autait pas été le cas s'ils vous avez déchargé dans une salle d'attente. En plus, les places dans la "file d'attente" sont chères ..
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M
Je suis de tout coeur avec vous, et j'espère donc qu'Eléonore a raison. Ca semble logique.
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E
Je vote pour Paris: impossible de faire suivre des bagages d'un avion à l'autre en moins de 30min (et je parle d'expérience, j'ai souvent attendu des bagages en vain...)
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N
Ouf! vous êtes quand même arrivés!!!Décidément c'est le suspens jusqu'au dernier moment; j'espère que la valise des souvenirs n'aura pas été explosée et que vous retrouverez toutes vos affaires intactes.
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